
Modernisation de la gestion des
finances publiques
Le Ministère de l’Economie et des Finances s’est engagé depuis bientôt QUATRE
(4) ans sur la voie d’une réforme en profondeur dans la gestion des Finances
Publiques Haïtiennes.
Cette réforme touche tant les structures budgétaires que les structures
comptables et ses orientations se trouvent renforcées dans un Projet de loi
cadre relatif aux lois des Finances et à la Comptabilité Publique.
Ce Projet élaboré dans le souci du respect de la Constitution de 1987 et
des lois haïtiennes propose au secteur public :
·
un cadre budgétaire homogène et modernisé fondé sur des nomenclatures de recettes et de dépenses uniformisées et ce dans le
respect des principes d’unité, d’équilibre, d’annualité et de contrôle.
·
un cadre comptable assis d’une part sur le principe des droits constatés
c’est-à-dire sur un système où les recettes et les dépenses sont prises en
compte au moment où l’opération prend naissance, permettant ainsi de mieux
cerner le patrimoine de l’Etat; d’autre part, sur la base des encaissements et
décaissements effectués dans le cadre de l’exécution budgétaire et le contrôle
des comptes spéciaux du Trésor.
Le projet vient aussi :
·
confirmer et consolider le principe de séparation des fonctions de
l’Ordonnateur et du Comptable Public.
·
renforcer les appareils de contrôle liés au système.
·
réhabiliter le principe du service fait principe fondamental dans la
gestion budgétaire..
Il s’appuie aussi sur quelques innovations d’importance :
·
l’instauration d’un Trésor Public en tant qu’Institution placé sous
l’autorité du Ministre chargé des Finances.
·
l’élimination du contrôle ex-ante par la Cour Supérieure des Comptes et du
Contentieux Administratif (CSCCA) et le renforcement du Contrôle ex-post qui
lui incombe.
·
la création d’une haute instance d’inspection générale des Finances pouvant
consolider
les efforts de contrôle des autres organismes du système financier haïtien.
·
la systématisation de la Comptabilité publique.
·
la formalisation du Corps des Contrôleurs financiers placés sous la tutelle
de la Direction Générale du Budget.
·
la création d’un corps de Comptables Publics attachés au Comptable
Principal de l’Etat, le Trésor.
Le projet de loi est accompagné d’un projet d’arrêté d’application devant
servir de référence quant aux modalités, aux responsabilités des divers
intervenants du système, aux exigences et aux pré-requis liés à la réalisation
des opérations.
En attendant le vote et l’adoption de ce projet de loi, des étapes
importantes du processus ont été franchies :
·
la conception d’une nouvelle nomenclature de dépenses publiques qui a pris
effet le 1er Octobre 2001.
·
l’application d’une nouvelle nomenclature des ressources de l’Etat depuis
le 1er Octobre 2002.
·
la mise en place d’un nouveau système informatisé de gestion des dépenses
publiques.
·
la création d’une Commission chargée de la conception et de la mise en
application d’un nouveau système comptable.
Les deux nomenclatures ont fait l’objet d’une large diffusion auprès des
agents concernés de la fonction publique.
Pour les dépenses, leurs participations et suggestions avaient été
sollicitées, des réunions organisées pour recueillir les fruits de leurs
réflexions, leurs critiques et commentaires sur le premier jet réalisé. Un séminaire a été organisé pour leur présenter
le produit final et une large documentation dont la nomenclature elle-même et,
un guide d’utilisation.
Pour les recettes, le séminaire fut l’occasion d’expérimenter le bien fondé
de la nouvelle démarche, et de recueillir les premiers commentaires et
suggestions. La large participation à ce
séminaire ainsi que le degré de satisfaction exprimés par les participants et
les concernés, constituent un point de départ prometteur.
En tout état de cause, ces nomenclatures permettent de répondre aux
attentes suivantes :
·
identifier avec clarté et transparence les ressources prévues au budget,
les biens et services acquis et toutes autres transactions réalisées dans le
cadre de l’exécution du budget.
·
faciliter la programmation et la gestion de la Trésorerie, des acquisitions
de biens et services et des inventaires.
·
tenir la comptabilité des droits constatés, des encaissements, des
engagements, des décaissements et la comptabilité générale.
·
permettre l’amélioration des contrôles internes et externes relatives aux
ressources et dépenses de l’Etat
·
offrir de précieuses informations susceptibles de faciliter l’évaluation de
l’impact des opérations de l’Etat sur la vie de la Nation.
·
L’article : il est représenté par
le premier chiffre, c’est le premier niveau de détail permettant de classer par
nature les recettes ou dépenses publiques. En ce qui concerne ces derniers,
c’est aussi le niveau de vote au Parlement.
·
Le paragraphe : il est composé de deux chiffres, c’est le deuxième niveau d’agrégation
qui permet de regrouper les recettes ayant des caractéristiques communes ou les
biens et services.
·
L’alinéa : il est
constitué des trois premiers chiffres, c’est le troisième niveau de détail dans
la classification par nature des recettes publiques ou des dépenses
publiques. C’est aussi le niveau retenu
pour l’exécution des dépenses publiques.
·
La ligne : elle inclut les
quatre premiers chiffres pour les recettes et le quatrième niveau de détail
dans la classification par nature des recettes publiques. Pour les dépenses, elle représente le dernier
niveau de détail et permet d’obtenir des informations plus fines et de répondre
à des besoins de transparence.
·
La rubrique : elle est
représentée par cinq chiffres et n’est utilisée que dans la nomenclature des
recettes, c’est le cinquième et dernier niveau de détails dans la
classification par nature de ces recettes.
Elle est utilisée pour des besoins de transparence et d’informations
plus fines.
LE NOUVEAU SYSTEME INFORMATISÉ DE GESTION DES DÉPENSES PUBLIQUES
Le Nouveau Système informatisé de Gestion des Dépenses Publiques s’intègre
à la dynamique de décentralisation de la Gestion des Finances Publiques prônée
par le Ministère de l’Economie et des Finances.
Il est conçu pour l’utilisation de l’ensemble des Intervenants. Il doit permettre :
·
la mise en réseau de toutes les Institutions publiques concernées par
l’exécution budgétaire qui pourront
suivre, en temps réel, l’état d’avancement des réquisitions émises.
·
connaître la balance de leurs allocations et déterminer, avec plus de
transparence, le délai de réponse du
Ministère de l’Economie et des Finances à leur projet de dépenses.
Cette décentralisation a débuté en faveur des Institutions publiques occupant
l’aire du Palais des Ministères déjà mises en réseau grâce au système de fibre
optique. Le système financier haïtien
devra bénéficier très bientôt de l’infrastructure de communication que la BRH
est en train de mettre en place pour le réseau bancaire. Il pourra ainsi toucher, dans un premier
temps, toutes les autres institutions de l’aire métropolitaine avant d’intégrer
les bureaux des directions départementales du Ministère chargé des Finances. Il faut rappeler que ces derniers exécutent
le budget de l’Etat à concurrence des allocations budgétaires transférées en
faveur des représentations déconcentrées des autres institutions
publiques. Sur ce point, le nouveau
système informatisé de Gestion des Dépenses Publiques répond bien à la
dynamique de déconcentration et
représente un pas sûr et un jalon solide sur le chemin vers la délégation des
tâches en faveur de nos institutions de province.
Ce nouveau système se base sur une comptabilité à parties doubles
entraînant pour chaque opération une double inscription et une dépendance des
comptes les uns aux autres. Il sera
soutenu par un Plan Général de Comptabilité Publique ( P.G.C.P) qui permettra
de mieux harmoniser les informations comptables relatives aux diverses institutions,
d’uniformiser, afin d’en faciliter la lecture, les états financiers qui en
découlent, tout en restant en harmonie avec les nomenclatures de recettes et de
dépenses.
Le système utilisera :
·
des journaux auxiliaires pour les enregistrements quotidiens, et
·
un journal général ou central avec des enregistrements périodiques.
A ces journaux correspondront un Grand Livre Général et des Grands Livres
Auxiliaires.
L’organisation du travail se fera donc à deux niveaux :
·
une comptabilité auxiliaire dans les livres auxiliaires
·
une comptabilité générale ou synthétique tenue dans les livres généraux