A
l’occasion de la commémoration de la journée
internationale de la Douane

C’est
toujours avec un nouveau et immense plaisir que nous voyons revenir
chaque année le 26 janvier consacré à la commémoration
du jour international de la Douane. Nous oublions pendant quelques
instants les soucis et les complications de l’existence pour
savourer toute la joie que nous procure la cérémonie
de cette journée.
L’enthousiasme avec lequel se célèbre
la fête de la Douane appelle une interrogation. Pourquoi est-elle
si chère, si précieuse aux yeux des douaniers ? Le
jour International de la Douane puise sa raison d’être
dans l’importance incontestable de cette institution dans
la vie des peuples. En mettant en œuvre les mesures applicables
aux flux d’importation et d’exportation, en exerçant
la fonction de contrôle des échanges internationaux,
en contribuant à la collecte des recettes pour le compte
de l’Etat, en assurant la publication des statistiques du
commerce extérieur du pays, en contribuant à assurer
la protection des citoyens et du territoire, la Douane se révèle
d’une importance à caractère pluri-dimensionnel.
Ses multiples aspects sont le reflet de la diversité de ses
missions définies et enrichies au cours de son histoire.
Etant donné la gravité de nos problèmes
financiers, nul ne peut, en Haiti, mésestimer la valeur des
paramètres douaniers et fiscaux dans la définition
des grandes options de politique économique du pays. La rigueur
des problèmes liés à la spécificité
des défis posés par le sous-développement,
la précarité de nos moyens financiers, les difficultés
sans cesse éprouvées pour rendre le pays éligible
à l’aide externe et pour en satisfaire les nombreuses
exigences, font de la Douane une institution incontournable pour
le fonctionnement de l’Etat et la survie de la nation. En
d’autres termes, l’accomplissement des missions étatiques
fondamentales demeurent pour une large part tributaire des recettes
perçues par la Douane. A cet égard, je ne saurais
m’empêcher de mettre l’accent sur la noblesse
de la tâche à accomplir par le douanier. Conscient
de l’importance de cette institution et de ce que le pays
est en droit d’attendre d’elle, je crois avoir fait
tout ce qui était en mon pouvoir pour améliorer son
fonctionnement et la rendre digne des espérances de la population.
La croissance soutenue des recettes douanières
a été au centre de mes préoccupations et constitue
jusqu’à date l’un des points essentiels de ma
gestion.
Néanmoins, je dois souligner que la voie
conduisant au succès, à la concrétisation des
rêves les plus sublimes est généralement pavée
de difficultés. Les contraintes à maitriser sur les
plans matériels, fonctionnels ou organisationnels sont souvent
de taille. Le sentiment de satisfaction, certaines fois éprouvé,
le succès enregistré sont toujours à la hauteur
des efforts déployés et des sacrifices consentis pour
autant qu’il est vrai que rien de fondamentalement méritoire
ne s’obtient sans douleur.
Comme il m’a été donné
de le souligner dans mes propos de circonstances adressés
au personnel à l’aube du nouvel exercice fiscal, les
efforts fournis se sont soldés par des réalisations
inscrites dans la ligne de nos priorités stratégiques.
Parmi ces réalisations il convient de signaler :
• La revalorisation graduelle du parc automobile
de l’Administration
• L’amélioration du transport des employés
par la mise en service d’un grand nombre d’autobus
• La normalisation progressive de la situation des Bureaux
de douane de province. Il en résulte une augmentation appréciable
des recettes douanières. En effet, les recettes globales
pour les bureaux de province se chiffraient à quatre vingt
huit millions sept cent quatre-vingt dix-neuf mille trente six gourdes
et 48 centimes. (88.799.036,48 gdes).
Au cours du mois d’octobre 2005. Elles se sont élevées
à cent trente huit millions huit cent quarante mille trente
six gourdes et 48centimes (138.840.036,48 gdes) à la fin
du mois de décembre 2005. Soit une augmentation de cinquante
millions quarante et un mille quatre cent trente six gourdes et
92 centimes (50.041.436,92 gdes)
• Le progrès appréciable enregistré dans
le domaine de la formation.
De nombreuses opportunités ont été, à
cet égard, offertes à des fonctionnaires pour suivre
des sessions de formation tant en Haïti qu’à l’étranger.
Au moment oú je vous parle, trois fonctionnaires de l’Administration
Générale des Doaunes sont en train de recevoir une
formation spécifique à Miami, cinq à l’école
Nationale d’administration Financière (ENAF) et deux
en France.
Par ailleurs, la Direction Générale
des Douanes avait pris occasion de la disponibilité de l’assistance
technique de l’Organisation Mondiale des Douanes pour mettre
en œuvre un projet relatif à la signature de certaines
conventions internationales de grande importance, susceptibles d’intéresser
la Douane haïtienne. Cette démarche répond au
souci de la permettre de s’ouvrir davantage au développement
des échanges internationaux et de mieux s’intégrer
dans la mouvance de la modernité. A ce compte, il est important
de souligner que le code d’accès au Web de l’Organisation
Mondiale des Douanes a été communiqué à
toutes les associations commerciales et industrielles pour leurs
besoins de communication avec la Douane.
D’autres points positifs inscrits à
l’actif d’une équipe qui puisent les principes
se son action dans la vertu de l’effort, de la transparence
et de la rigueur administrative peuvent être évoqués.
A partir du dernier trimestre de l’année écoulée,
La Direction Générale, consciente de la faiblesse
des structures administrative, surannées et frappées
de désuétude, a estimé qu’il s’avérait
nécessaire d’engager l’Administration dans un
important mouvement de réforme structurelle. Il s’agissait
alors de doter l’institution douanière haïtienne
de structures plus adéquates aux fins de lui permettre de
mieux répondre aux exigences de la Douane moderne.
La réalisation de ce projet de rénovation
structurelle aura certainement pour effet d’accroître
les capacités d’adaptation de la Douane aux impératifs
de plus en plus contraignants de la modernité.
Dans cette perspective, deux projets de décret
relatifs à la restructuration de l’Administration Générale
de la Douane ont été élaborés et soumis
à la sanction des instances compétentes.
En outre, suivant les recommandations ponctuelles
du Ministère de l’Economie et des Finances, l’Administration
douanière a entrepris, depuis le mois dernier, la mise en
œuvre d’un vaste projet de rénovation des procédures
douanières répondant aux exigences de la modernisation
et permettant de passer du contrôle systématique des
marchandises à l’application d’un système
de contrôle actualisé basé sur la gestion des
risques. Ce projet apportera sans doute des solutions à certains
problèmes, tant que structurels que conjoncturels, et permettra
d’envisager le devenir de la Douane sous des auspices beaucoup
plus favorables.
Il est réconfortant de noter qu’en
dépit des difficultés du moment, les recettes douanières
globales se sont élévées à neuf milliard
vingt cinq millions huit cent douze mille neuf cent vingt deux gourdes
et 21 centimes (9.025.812.922,21 gdes). Cette valeur met évidence
une augmentation nette de huit cent quatre vingt dix neuf millions
cent dix sept mille neuf cent cinquante sept gourdes et 21 centimes
(899.117.957,21 gdes) par rapport aux recettes de l’exercice
2003-2004 qui se chiffraient à 8.126.694.965 gourdes.
Le niveau des recettes perçues pour l’exercice
fiscal 2004-2005, quelqu’appréciable qu’il soit,
n’a pas pu s’élever à la hauteur des prévisions,
en raison, entre autres, de certaines contraintes indépendantes
de notre volonté, notamment les troubles, les pertubations
générées par les aléas, les vicissitudes
socio-économiques et politiques. L’augmentation substantielle
des recettes au cours de l’exercice écoulé est
le fruit de la détermination des efforts considérables
déployés par la Direction Générale pour
combattre, dans les Bureaux de Douane, la contrebande et les autres
pratiques répréhensibles attentatoires à l’intérêt
du fisc, insuffler un nouveau dynamisme au système administratif,
repenser la structure organisationnelle de l’Administration.
De nombreux autres projets s’inscrivant dans
le cadre de l’avancement de la Douane doivent être signalés.
1. Le projet Sydonia World va parvenir très
bientôt à sa phase d’exécution. Il a été
conçu pour amener les utilisateurs à bénéficier
de meilleurs services à la Douane et permettre à cette
institution de contrôler les marchandises depuis leur embarquement
sur les moyens de transport. Ce projet dont le coût s’élève
à 3.500.000 gdes sera financé dans le cadre de la
coopération avec la CNUCED. Les techniciens sont présentement
disponibles et les activités relatives au démarrage
du projet ont déjà commencé.
2. Le projet de publication des Statistiques du Commerce International
ayant pour objectif la reprise de la publication de façon
régulière des statistiques du commerce extérieur
d’Haïti. Il est à remarquer, à cet égard,
que la publication de ces statistiques a été interrompue
depuis près de 23 ans. Le montant du projet se chiffre à
13.000.000 de gourdes et est programmé sur une durée
de deux ans.
3. La restructuration de la Douane de Malpasse
en vue d’un meilleur contrôle de cette partie de la
frontière qui a déjà coûté à
l’Administration Générales des Douanes deux
millions de gourdes, en plus d’un projet de 30.000.000 de
gourdes financés par le Ministère de l’Economie
et des Finances et qui attend l’autorisation de la commission
chargée du contrôle des passations des marchés
pour le lancement des activités.
4. Les projets de reconstruction physique des
bâtiments devant loger
a) le bureau de la Douane du Cap-Haïtien et la résidence
du directeur
b) le bureau de la Douane des Gonaïves et la résidence
du directeur
c) les bureaux des Douanes de Jérémie et de Port-de-Paix
sont déposés au Ministère de l’Economie
et de Finances pour les suites nécessaires.
Il convient de noter que les pourpalers ont déjà
été entamés entre le Ministère de l’Economie
et des Finances, l’Administration Générale des
Douanes et l’Autorité Portuaire Nationale en vue de
l’utilisation du Port de la Reynolds à Miragoane et
le Port de Cap-Haïtien.
La Minustah occupe en partie certains de nos bureaux
situés sur des routes de Brach de et Titanyen. Cependant,
nous éprouvons de sérieuses difficultés pour
utiliser nos bureaux à Fort Liberté et la résidence
du directeur du Cap-Haïtien.
Un autre projet non moins important doit être
évoqué. Il s’agit de l’acquisition d’un
autre bâtiment pour loger l’Office Central. L’état
physique et la résidence de l’ancien bâtiment
laisse subsister certaines probabilités quant à son
éventuel effrondrement. J’attire d’une façon
particulière l’attention du Ministère de l’Economie
et des Finances sur cet état de fait pour le moins alarmant
quoique je sache que le Ministre et ses collaborateurs se sont déjà
penchés sur le problème. Toutefois, je persiste à
penser que le nécessaire doit être fait pour éviter
une catastrophe.
Par ailleurs, eu égard aux progrès
réalisés sur le plan technique, je ne saurais ne pas
évoquer le nouveau programme de facilitation aux importations
initié par le Ministère de l’Economie et des
Finances, mis en œuvre par l’Administration Générale
des Douanes et qui ne pourra entraîner que des retombées
positives pour tous. En effet, si tous les secteurs concernés,
notamment les commissionnaires en douane, les importateurs, les
exportateurs, la Société Générale de
Surveillance etc, respectent les dispositions découlant de
la mise en place des nouvelles structures, non seulement le temps
de livraison des colis sera considérablement écourté,
mais, également, la suspicion négative qui plane toujours
sur nos douaniers trouvera un apaisement.
Cependant, Je déplore de me voir dans l’obligation
de signaler que de nombreux importateurs ont fait montre d’un
comportement peu honnête envers la Douane. En effet, plus
d’une vingtaine d’entre eux ont été trouvés
en flagrant délit de fraude ou de contrebande fiscale, ce
qui a permis à l’Administration douanière de
récupérer pendant deux mois 50.000.000 de gourdes,
montant qui, sans la sagacité de la Douane, aurait été
irrécupérable. Jusqu’à date, l’Administration
douanière a gardé secrets les noms de ces importateurs.
Mais ceux-là qui, à l’avenir, seront surpris
en flagrant délit ? verront leurs noms et les informations
sur ces cas de contrebande, publiés dans les journaux. Aussi
est-il demandé à tout un chacun de respecter les règles
du jeu afin que ces sanctions soient évitées.
Je voudrais faire remarquer également que
beaucoup de sanctions, notamment, des suspensions disciplinaires
ont dû être prononcées à l’encontre
de près d’une vingtaine d’employés ; ce,
pour montrer que les règles du jeu doivent être respectées
de part et d’autre.
J’éprouve une profonde satisfaction
à l’idée de mettre ici l’accent sur l’encadrement
indéfectible que le Ministère de l’Economie
et des Finances, ainsi que ses proches collaborateurs, ont offert
aux responsables de l’Administration Générale
des Douanes. Sans son appui, tous les projets ci-devant énumérés
demeureraient hypothétiques et irréalisables. En mon
nom personnel et au nom de tout le personnel de l’Administration
Générale des Douanes, j’en prends occasion pour
lui exprimer ma profonde gratitude pour tout ce qu’il a déjà
fait en vue de la bonne marche de l’Administration douanière.
D’ailleurs, il est à remarquer que
si nous pouvons fêter aujourd’hui, c’est grâce
à la coopération du Ministère de l’Economie
et des Finances qui a bien voulu mettre les moyens à notre
disposition.
Mesdames,
Messieurs les douaniers, nous faisons partie d’une institution
dont dépend le fonctionnement de l’Etat, voire la survie
de la Nation. Son importance en tant que pourvoyeuse de ressources
financières en est le témoignage le plus éloquent.
Qu’il me soit permis de préciser ce qui suit. Ce n’est
pas tout d’appartenir à une institution. Aussi importe-t-il
d’en tirer une certaine fierté. Dans cette optique,
nous devons nous attacher à projeter de l’institution
douanière une image de plus en plus positive. L’atteinte
d’un tel objectif ne saurait être l’œuvre
exclusive de l’équipe dirigeante.Elle sera le fruit
d’un effort collectif. Nous serons fiers de contribuer ensemble
à l’édification d’une douane moderne,
au service des citoyens, au service de la nation.
Le coût moral des œuvres transcendantes
est élevé. La réalisation d’une Douane
à la dimension de nos rêves et des attentes de la population
demeure, en effet, inconcevable sans le respect stricte des normes
disciplinaires, l’observance de la loi et des règlements
en vigueur.
L’esprit de discipline, le dévouement à la cause
de l’Administration, la recherche de l’honnêteté,
le désintéressement doivent continuellement guider
les actions de l’agent douanier.
A ce carrefour difficile de la vie nationale, où
le pays a besoin de la compréhension de tous ses fils, le
douanier doit livrer une bataille sans merci contre la corruption,
la contrebande, etc. A ces redoutables fléaux qui mettent
en question la survie de la nation il faut opposer la plus énergique
des résistances. Lorsque le péril est imminent le
salut national ne peut s’obtenir que dans le retour aux références
et aux valeurs morales qui font la grandeur de l’homme. Pour
exigent qu’elle soit, le douanier doit faire de l’honnêteté
sa boussole. Je prends occasion de cette commémoration pour
rappeler aux douaniers l’importance de l’unité,
de la discipline, du désintéressement, de l’esprit
de dépassement, de l’efficacité, grâce
auxquels nous pouvons avoir la certitude de pouvoir être toujours
présents au rendez-vous du succès.
Mesdames, Messieurs les douaniers, dans l’intérêt
de l’Etat, de l’Administration douanière et de
toute la communauté nationale, j’ai le plaisir de vous
apporter une fois de plus, ce matin, le gage de mon soutien, de
ma compréhension et en profite pour vous dire.
Bonne Fête
___________________
Edouard Valès JEAN-LAURENT
Directeur Général
|